15/04/2022

Tableau des 12 scènes de la Passion (Étain)

Le tableau des 12 scènes de la Passion est installé dans une chapelle de l’église Saint-Martin d’Étain.

Il a été classé Monument Historique en 1907. Peint sur bois, dans le style d'Albert Dürer, l'œuvre du XVIe (ou XVIIe) siècle est constituée de 12 panneaux insérés dans un cadre.


La dernière restauration datant de 1959 et le tableau présentant de nombreuses altérations (soulèvements et pertes de la matière picturale, coulures diverses, griffures, chocs, crasses, déjections animales, décolorations, résidus d'adhésifs d'anciennes restaurations, altérations des retouches, irrégularités et usures dues aux nettoyages, vernis trop brillant), la ville d’Etain décide de le restaurer en 2016.

L'Atelier de la Renaissance à Reims a eu pour mission d’exécuter les travaux de restauration qui durèrent 18 mois.

Une exposition eu lieu à l’occasion des journées du patrimoine 2017, puis dans le hall de l’hôtel de ville du 2 mars au 6 avril 2018.

Dimensions : hauteur : 169 cm ; largeur : 155,5 cm ; profondeur : 8 cm

Source texte : Étain, d’hier à aujourd’hui






14/04/2022

La Cène

La Cène (terme issu du latin cena, « repas du soir, souper ») est le nom donné dans la religion chrétienne au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze apôtres le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa crucifixion, et trois jours avant sa résurrection. 

Après avoir célébré avec eux la Pâque, il institua l’Eucharistie en disant : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Dans l'Église catholique, la « Cène » est célébrée à nouveau par les fidèles chaque dimanche au cours de la messe, plus particulièrement lors de la communion, dans la deuxième partie de la messe. De plus, dans l'Église catholique, une célébration particulière a lieu le jour dit du Jeudi saint, la veille du Vendredi saint (qui commémore la Passion). Le Jeudi saint a lieu le rite du lavement des pieds, en célébration du geste de Jésus envers ses disciples, évoqué dans l'évangile de Jean.

Quelques représentations de la Cène dans les églises meusiennes : 

Fresque du chœur de l’église Saint-Pierre-ès-Liens de Jametz
Verrière de l’église Saints Pierre-et-Paul
de Neuvilly-en-Argonne (Joseph Benoît)
Bas-relief de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Garde de Dun-sur-Meuse
Bas-relief de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Garde de Dun-sur-Meuse
Verrière de l’église Saint-Martin de Nubécourt
Détail du maître-autel de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Creuë
Verrière de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Void-Vacon
Église Saint-Martin (Etain)
Verrière de l’église Saint-Maurice de Saint-Maurice-
sous-les-Côtes
(Georges Janin, 1926)

Église Saint-Etienne (Saint-Mihiel)

13/04/2022

Les lavoirs de Halles-sous-les-Côtes

La commune de Halles-sous-les-Côtes possède 2 beaux lavoirs. Le plus spectaculaire se situe au centre du village sur la place de l’église. Il est ouvert sur les 4 cotés formés de 16 colonnes à chapiteaux toscans. Il possède 2 bassins. Sur un côté se trouve une petite fontaine qui fait face à un égayoir (ou gayoir), un long bassin qui servait autrefois à baigner et abreuver les chevaux.















06/04/2022

Monument « Honneur et reconnaissance aux femmes des territoires » (Verdun)

« Ce monument national fut élevé en hommage aux femmes de France et d'Outre-Mer qui, au cours des conflits 1914/1918 et 1939/1945, ont tenu un rôle essentiel pour le succès de la Nation. En l'absence des maris et des fils mobilisés ou prisonniers, avec courage et discrétion, elles s'impliquèrent et contribuèrent souvent au prix d'immenses sacrifices à l'éducation des enfants, à la production de l'alimentation de nos armées et de nos populations, à la conservation du patrimoine et des outils de travail, au maintien du moral des êtres chers au combat ou en captivité.

Sans aide, sans allocations familiales, sans Sécurité Sociale elles ont tenu, elles ont assumé. Durant un siècle, leur abnégation pourtant n'a jamais, ou si peu, été reconnue ni célébrée vraiment au Pays des Droits de l'Homme, malgré les promesses du Gouvernement en 1914 notamment.

A l'occasion du Centenaire de la Bataille de Verdun, l'Association des Médaillés de l'Ordre du Mérite Agricole de Meuse et la Section des Anciens Exploitants Agricoles, ont décidé d'ériger cet édifice en mémoire de ces grandes oubliées de l'Histoire.

La Municipalité de Verdun a offert le terrain sur lequel cette stèle se trouve implantée. Une souscription nationale a été lancée avec succès pour assurer le financement de l'œuvre.

Le sculpteur meusien Denis MELLINGER dit « MELDEN » particulièrement inspiré, a conçu et réalisé ce monument en pierre de Savonnières-en-Perthois (55). Son inauguration eut lieu avec ferveur le 19 juin 2016 devant une assistance particulièrement nombreuse. »

Sénateur Rémi HERMENT, Président d'Honneur AMOMA 55



HOMMAGE AU MONDE RURAL ET AUX AGRICULTRICES EN PARTICULIER

Pour le centenaire de la bataille de Verdun 1916 - 2016

« Les guerres ont laissé de grandes saignées dans nos campagnes et d'immenses champs de ruines dans nos paysages ruraux. Les paysans avaient commencé la moisson et les labours sans se douter que le canon et la mitraille creuseraient le reste des sillons sur la terre de notre campagne meurtrie. Les hommes de nos villages ont dû quitter leurs « frusques » pour endosser l'uniforme. Tout cet élan pour une guerre qui devait être courte, mais hélas le temps a passé dans un face à face interminable..

L'homme a quitté sa ferme sans crier gare, le monde a chaviré et les femmes comprennent vite qu'un énorme labeur va leur « tomber dessus ».

Femmes de cœur et femmes de vertus, toutes les « petites mains » sont mises à contribution pour continuer à « assurer » le travail de la terre. Dans un élan commun de solidarité, la guerre oblige ces femmes à assurer les tâches agricoles journalières. Avec courage et dignité, elles retroussent leurs manches pour traire les animaux, tenir la fourche, semer, planter et récolter les produits agricoles nécessaires à la vie quotidienne de la population française en émoi.

Femmes de cœur et souvent femmes de misère, elles élèvent les enfants, elles veillent sur les vieux parents et mettent journellement toute leur énergie pour la famille, faire bouillir la marmite et maintenir en vie l'exploitation familiale pendant que les hommes s'envoyaient tant d'obus meurtriers par-dessus la tête.

Honneur à ces millions d'agricultrices, ouvrières agricoles et épouses d'exploitants, femmes courageuses et dignes qui dans cette période de sacrifice et de douleur ont assuré sans faillir la survie de l'agriculture française avec la volonté de continuer a vivre pour rendre possible un avenir meilleur.

Cette guerre a été pour beaucoup d'entre elles douloureuse, la mort et blessures physiques et morales d'un mari, d'un fils, frères et oncles ont obligé ces femmes courageuses à continuer pendant de longues années les lourdes charges de travail. »

Denis Mellinger, Sculpteur

 







L’inauguration du 19 juin 2016

Affiche de B. Chavannaz réalisée pour l’emprunt national de 1918 (source : gallica.bnf.fr) 

APPEL AUX FEMMES FRANÇAISES, LE 6 AOÛT 1914

Ce document imprimé est un placard. Au  début du XXe siècle, c’est un moyen efficace pour informer les populations des évènements officiels. C’est encore l’époque des écrits publics (les journaux existent mais sont encore peu diffusés auprès des classes populaires). Ces placards sont affichés dans les lieux publics et servent de relais d’information entre les élus et la Nation.

Passé à la postérité sous le nom « d’appel de Viviani », il relate le discours officiel prononcé dès la mobilisation par le président du Conseil René Viviani (1863-1925) devenu président du Conseil en juin 1914.  Ce discours illustre un aspect nouveau de la guerre qui commence : alors que nous ne sommes qu’en août 1914 (début de la mobilisation), le Président du Conseil lance un appel à la mobilisation des femmes et des enfants, donc des civils, pour participer activement à l’effort de guerre. Cela annonce l’aspect total du conflit.

TIMBRE 1940 - ŒUVRES DE GUERRE - LA FEMME AU LABOUR (André Spitz)




29/03/2022

Le calvaire de l’église Saint-Etienne (Bar-le-Duc)

Le texte ci-dessous est extrait du Congrès archéologique de France : séances générales tenues par la Société française pour la conservation des monuments historiques (1991) - Texte : Georges Fréchet - https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/

Le Christ et les deux larrons

Enfin replacé dans le chœur, cet ensemble de sculpture en bois polychrome est peut-être ce qui attire le plus l'œil en entrant dans l'église. Pourtant cela n'a pas été sans diverses vicissitudes. Ce Calvaire, dont il ne reste actuellement que le Christ en croix (h. 3,42 m) et les deux larrons (h. 2,10 m), se dressait vraisemblablement à l'origine sur le jubé. Celui-ci ayant été détruit en 1704, Aimond suppose que ce fut l'occasion de la translation du groupe au fond de l'abside, sur le socle de pierre qui existe encore actuellement. On trouve alors la première description, qui semble être restée inaperçue malgré la publication d'Aimond : Longeaux révèle que ce crucifix avait à ses pieds la statue agenouillée du chanoine Robert de La Mothe, certainement le donateur, qui vivait entre 1507 et 1539.


Le bon larron
Le mauvais larron

La description suivante apparaît dans l'inventaire révolutionnaire de 1790, le « Grand Christ » étant toujours à la place qu'il occupera jusqu'en 1855. Les trois crucifiés sont alors déplacés et suspendus aux piliers droits de la nef, cependant que le socle du XVIII° siècle devenait fonts baptismaux. On est donc sûr de l'existence à Saint-Pierre d'un groupe, assez vague dans les inventaires révolutionnaires, mais offert par un membre même de la collégiale à l'époque de Ligier-Richier, et c'est d'une importance considérable pour l'attribution de ce chef-d'œuvre. Est ainsi levée l'hypothèque d'un transfert du calvaire décrit par Chatourup à Notre-Dame de Bar-le-Duc en 1532. Pour celui-ci on ne précisait d'ailleurs pas l'existence des deux larrons.

Reste l'évidence du style, qui est la seule base d'attribution. Elle a souvent été mise en doute. L'un des arguments les plus sérieux est celui de la divergence entre le Christ, maigre, immobile et au visage assez doux, et les larrons qui, « bon » (à gauche) comme « mauvais » (à droite) font saillir leurs muscles, « se convulsent frénétiquement » et leurs traits sont violemment expressifs. Mais il n'y a là que tradition iconographique : le Sauveur est maigre à cause des privations et des supplices, il est droit et calme parce que son sort est accepté; les deux autres sont dans l'art gothique toujours attachés avec des cordes et leurs poses contorsionnées apparaissent fréquemment dans les retables et les miniatures du XV° siècle, mais par rapport à ces modèles, Mile Beaulieu remarque justement qu'ils sont « apaisés » et envisage pour cela la main de Richier, alors qu'elle trouve le Christ trop raide pour être du maître. Mais en fait l'anatomie est beaucoup plus similaire qu'on ne l'a dit. On retrouve dans les trois personnages les mêmes aréoles pointues et une forme curieusement concave du sternum. 

En outre, les yeux, dans chaque cas, présentent les fameuses paupières à bourrelets reconnues depuis longtemps comme caractéristique » de Richier. Du point de vue de l’expression un certain pathos apparaît dans les «bouches entr’ouvertes. M. Van Hees établi la ressemblance physionomique avec le Christ de la Pitié d’Étain. La comparaison se fait surtout avec le Crucifié et les larrons de Briey. Bien que les poses soient pratiquement identiques, les visages y sont plus doux, les anatomies plus académiques.

Le calvaire a été classé monument historique en 1898.

27/03/2022

Le vitrail de saint Arnould (Musée de la bière de Stenay)

 Le vitrail de saint Arnould  a été réalisé en 1926 dans l’atelier nancéien Janin-Benoit par le maître-verrier Georges Janin (1884-1955). Initialement, il décorait le Palais de la Bière, un hôtel-restaurant-brasserie-dancing construit en 1924 et situé rue Saint-Jean à Nancy dépendant des Brasseries de Champigneulles. 

Le vitrail de saint Arnould après sa restauration

De style Art Déco, ce triptyque relate le miracle de saint Arnould (582-641), un évêque de Metz après avoir sauvé de la soif le cortège qui rapatriait ses cendres. En effet, le saint patron des brasseurs exauça les prières des pèlerins qui manquaient d’eau et de vivres, en remplissant de bière chopes,  jarres et tonneaux. Cette œuvre mesure 2,81 x 1,50 m. Elle est caractérisée par des graphismes simples et une gamme de couleurs réduite. Elle a fait l’objet d’une restauration complète en 2016-2017.

Le vitrail de saint Arnould avant la restauration de 2016-2017







Le vitrail de saint Arnould a été acheté en 1987 par la Conservation Départementale des Musées de la Meuse et mis en dépôt au musée de la bière de Stenay quelques années plus tard. Le vitrail de saint Arnould reste aujourd’hui une des pièces majeures de la collection du musée.

Le miracle de saint Arnould - Pierre Dié-Mallet (Musée de la bière de Stenay)


Saint Arnould [Source Wikipédia]

Peu connu , saint Arnould est né vers 582 et mort probablement en 640 ou 641. Il fut le 29e évêque de Metz. Il est fêté le 18 juillet. Son nom reste associé à un trésor de la cathédrale de Metz qui a miraculeusement échappé à la rapacité révolutionnaire : un anneau, en or fin massif, comportant une agate onyx sur laquelle est gravée un poisson engagé dans une nasse autour de laquelle se noient deux autres poissons. Cette scène n’est pas sans rappeler l’historique de cet anneau et rapporté par l’écrivain Paul Diacre, qui le tenait de la bouche même de Charlemagne. Selon cet auteur : « Saint Arnoul décida un beau jour de jeter son anneau dans la Moselle. Son geste est une preuve d’humilité. En le jetant, il dit : « Je croirai que Dieu m’a pardonné mes péchés quand je retrouverai cet anneau ». De là est née cette fameuse légende qui laisse penser qu’un poisson avala l’anneau et fut servi peu de temps après à la table épiscopale. À en croire la légende, Dieu est entré indirectement en contact avec Arnould qui fut lavé de ses péchés et fit de lui un représentant légitime de Dieu sur terre. » 

Cette légende fait écho à celle d’Orval : La veuve Mathilde, ayant par mégarde laissé tomber son anneau nuptial dans la fontaine de cette vallée, se mit à supplier Dieu, et aussitôt une truite apparut à la surface de l'eau, portant en sa gueule le précieux anneau. Mathilde s'écria alors : « Vraiment, c'est ici un Val d'or ! », et elle décida par reconnaissance de fonder un monastère en ce lieu béni.